Un ministre japonais demande aux personnages âgées de mourir...

Taro Aso, le Vice-premier ministre du nouveau gouvernement japonais, s’est excusé après avoir demandé aux personnes âgées de ne pas « encombrer » les services de gériatrie. Pointant du doigt les « personnes avec des tubes » ila également afformé qu’il était impossible de « dormir tranquillement quand vous pensez que le maintien en vie de ces personnes est payé par l’État. ». Pour lui, la solution est de « laisser ces patients se dépêcher de mourir »…

Etonnant, pour un pays qui compte 30 millions d’habitants de plus de 60 ans (sur 120 millions). Le Japon est un pays vieillissant, comme une grande partie de l’Europe et de la Chine [1]. Le taux de fécondité y est particulièrement bas, comme en Allemagne [2]. Il est même de 0,95 à Tokyo, au lieu des 2,5 préconisés [3].

En France, le taux de natalité est relativement élevé, mais les personnages âgées de plus de 60 ans prennent une place de plus grande dans la société, non seulement en terme de population, mais également en termes de besoins, de soins médicaux, de consommation de services (voyages, yoga, danse de salon, conférences...) et de travail bénévole dans des associations (les personnes âgées font vivre de nombreuses associations, en particulier les associations de lutte contre la pauvreté, comme Emmaüs, les Restaurants du Coeur...).

Les personnes âgées, au lieu d’être perçues comme un coût, devraient être perçues comme une opportunité pour la société de développer des emplois de service non délocalisables (aides à domicile, infirmière...) et un savoir-faire technologique (soins médicaux, domotique...) qui pourrait s’exporter dans les autres pays.

A ce propos, l’article de Serge Guérin comparant les propos de M. Taro Aso à "l’obsolescence programmée" est édifiante : c’est une vision consumériste de la société qui veut que les produits, comme les hommes, soit périssables et remplaçables, en fonction de critères de productivité qui ne tiennent pas compte de la complexité et de l’interdépendance de notre société, et en particulier du travail bénévole (non productif).

En cette journée particulière (la journée de la femme), il serait bon de rappeler que les tâches ménagères, l’aide familiale, l’entraide dans une famille, dans un quartier, le bénévolat dans une association... sont également du travail.

D’une certaine manière, on peut dire que ce travail enrichit la société, puisque c’est un travail qui ne coûte rien à la société.

Une vision étroite de l’économie voudrait que seul le travail soit producteur de croissance. En réalité, la demande, c’est-à-dire les besoins, la consommation, est aussi importante que l’offre. [4]

D’un autre côté, une reconnaissance financière du travail associatif, des aidants familiaux et de la femme qui élève ses enfants serait nécessaire dans tous les pays où elle n’existe pas déjà.

C’est parce qu’en Allemagne et au Japon, il n’existe pas d’allocations familiales comme en France que les femmes font le choix entre le travail et la vie familiale. Les allocations familiales permettent de soutenir la natalité d’un pays.

De même, des aides financières permettant le maintien à domicile des personnes âgées permettrait de créer des emplois dans le secteur de l’aide à domicile (et donc des personnes qui cotisent...) et de diminuer les frais de l’Etat.

De même, les demandeurs d’emploi qui s’investissent bénévolement dans des associations participent à la vie de la société. Cela ne devrait-il pas être considéré comme un travail en soi ?

En résumé : les femmes, les retraités et les demandeurs d’emploi, même combat ! :)

___

Ce monde est à nous, changeons-le !