Deux mille ans de violences antijuives : le 7 octobre est-il seulement dû à la colonisation ?
14 juillet 2026 — syagrius
Les violences dirigées contre les Juifs existaient bien avant Israël et la colonisation. Mais cette histoire ancienne suffit-elle à expliquer le massacre du 7 octobre 2023 ? Retour sur deux mille ans de persécutions, de pogroms, d’autodafés et de théories du complot.

- Une précision indispensable
- Antijudaïsme, antisémitisme et
- Pourquoi les Juifs ont-ils (…)
- Les Juifs n’ont pas inventé le
- Des violences antijuives (…)
- L’Europe chrétienne, les (…)
- Les autodafés de livres juifs
- Les crimes de sang et les (…)
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- Les massacres de 1391 et (…)
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- Et l’Afrique subsaharienne ?
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- Le Farhoud de Bagdad
- Le 7 octobre est-il dû à (…)
- L’idéologie du Hamas dépasse
- Chronologie 1 : de l’Antiquité
- Chronologie 2 : du XIXe (…)
- Chronologie 3 : violences (…)
- Ce que démontre cette chronolo
- L’antisémitisme est-il différe
- Conclusion
- Sources principales
Le massacre du 7 octobre 2023 est-il la conséquence de la colonisation israélienne ? La réponse la plus sérieuse est la suivante : la colonisation, l’occupation, le blocus de Gaza et l’absence de solution politique font partie du contexte ayant nourri la colère et la radicalisation. Mais ils ne constituent ni une explication complète du 7 octobre, ni une justification du massacre volontaire de civils.
Les violences dirigées contre les Juifs sont beaucoup plus anciennes que la création d’Israël en 1948, que l’occupation commencée en 1967 et même que le sionisme politique apparu à la fin du XIXe siècle.
Depuis près de deux mille ans, des communautés juives ont connu des périodes de coexistence, de protection, de prospérité et d’échanges culturels. Elles ont également subi, selon les lieux et les époques, des discriminations, des accusations mensongères, des pillages, des conversions forcées, des expulsions, des autodafés et des massacres.
Il serait faux d’affirmer que les Juifs ont été persécutés partout, continuellement et pour une raison toujours identique. Mais il serait tout aussi faux de prétendre que la violence antijuive serait née de la politique de l’État d’Israël.
La colonisation explique une partie du contexte politique du 7 octobre. Elle n’explique ni toute l’idéologie du Hamas, ni l’ancienneté des violences antijuives, ni le choix de massacrer des civils.
Une précision indispensable sur les chiffres
Les bilans des événements les plus anciens doivent être utilisés avec prudence. Il n’existait pas toujours de recensement, d’état civil ou d’enquête indépendante. Certains chiffres proviennent de chroniques rédigées plusieurs années après les faits et peuvent avoir été exagérés, minimisés ou recopiés sans vérification.
Dans les tableaux de cet article, un nombre n’est présenté comme précis que lorsque plusieurs sources sérieuses convergent. Lorsque les historiens discutent encore le bilan, une fourchette ou la mention « bilan inconnu » est utilisée.
L’absence de chiffre ne signifie pas qu’il n’y eut pas de victimes. Elle signifie simplement qu’aucun nombre suffisamment fiable ne peut être avancé.
Antijudaïsme, antisémitisme et antisionisme
Ces termes sont souvent mélangés alors qu’ils ne désignent pas exactement la même chose.
L’antijudaïsme est une hostilité dirigée contre la religion juive, ses textes, ses pratiques et ses fidèles. Il a notamment été alimenté dans l’Europe chrétienne par l’accusation selon laquelle les Juifs seraient collectivement responsables de la mort de Jésus.
L’antisémitisme moderne se développe principalement au XIXe siècle. Les Juifs ne sont alors plus seulement attaqués comme membres d’une religion, mais comme membres d’une prétendue race dotée de caractéristiques collectives. Ils sont accusés de contrôler l’argent, les banques, la presse, les gouvernements, les révolutions ou les guerres.
L’antisionisme est l’opposition au sionisme, puis à l’existence ou aux politiques de l’État d’Israël. Il ne peut donc pas expliquer un massacre commis au XIe siècle, une expulsion médiévale ou un autodafé du Talmud plusieurs siècles avant la naissance du sionisme.
Critiquer le gouvernement israélien, l’occupation, la colonisation ou les opérations militaires menées à Gaza n’est pas automatiquement antisémite.
En revanche, l’antisionisme devient antisémite lorsqu’il attribue collectivement aux Juifs les actes du gouvernement israélien, reprend les théories du complot sur un pouvoir juif mondial, nie aux seuls Juifs tout droit collectif ou considère que des civils juifs peuvent être attaqués partout dans le monde.
Pourquoi les Juifs ont-ils été associés à l’argent ?
Le cliché présentant les Juifs comme naturellement attirés par l’argent, la banque ou la finance est l’un des préjugés antisémites les plus anciens et les plus persistants.
Ce cliché ne résulte pas d’une caractéristique propre aux Juifs. Il s’est notamment développé à partir des restrictions professionnelles qui leur furent imposées dans différentes sociétés européennes.
Au Moyen Âge, les Juifs furent souvent exclus de la propriété foncière, de certaines fonctions publiques, des corporations d’artisans et de nombreux métiers. Dans le même temps, l’Église condamnait officiellement le prêt à intérêt entre chrétiens.
Certains souverains autorisèrent donc des Juifs à pratiquer le crédit ou le prêt sur gage. Cette activité était utile à l’économie et pouvait être fortement taxée par le pouvoir. Elle n’était cependant exercée que par une partie de la population juive.
La majorité des Juifs n’étaient pas de riches banquiers. Ils pouvaient être artisans, médecins, commerçants, colporteurs, ouvriers, enseignants ou pauvres. Des chrétiens, des marchands italiens, des Lombards, des institutions religieuses et de grandes familles pratiquaient également le crédit.
Le mécanisme était pourtant particulièrement pervers :
- les autorités interdisaient d’abord de nombreux métiers aux Juifs ;
- elles autorisaient ensuite certains d’entre eux à prêter de l’argent ;
- elles leur reprochaient enfin d’exercer l’une des rares activités qui leur restaient accessibles ;
- certains souverains expulsaient ensuite leurs créanciers juifs, confisquaient leurs biens et annulaient les dettes contractées envers eux.
Une réalité économique limitée et en partie produite par l’exclusion fut donc transformée en accusation contre tout un peuple.
Les Juifs n’ont pas inventé le billet de banque à Venise
Contrairement à une idée parfois répétée, les Juifs n’ont inventé ni le billet de banque, ni la banque, ni les principaux instruments du commerce européen.
Les premières formes importantes de papier-monnaie apparaissent en Chine. En Europe, les premiers véritables billets de banque sont généralement attribués à la Stockholms Banco, en Suède, en 1661.
Venise occupe néanmoins une place importante dans cette histoire.
En 1516, la République de Venise oblige les Juifs à résider dans un quartier fermé et surveillé. Ce lieu contribue à diffuser le mot « ghetto ». Certains Juifs y sont autorisés à tenir des établissements de prêt sur gage, dans des conditions strictement réglementées par le pouvoir vénitien.
Ces établissements fournissaient notamment de petits prêts à des personnes modestes. Ils ne contrôlaient ni l’ensemble du commerce vénitien, ni les banques de la République.
Venise disposait également de marchands, de changeurs et de banques chrétiennes. La présence visible de prêteurs juifs, associée à leur enfermement dans le ghetto, a cependant renforcé l’image du Juif lié à l’argent.
Des violences antijuives dès l’Antiquité
L’un des premiers grands épisodes de violence collective spécifiquement dirigée contre une population juive se déroule à Alexandrie, en Égypte, en l’an 38.
Dans cette ville de l’Empire romain, des tensions politiques, religieuses et communautaires conduisent à l’attaque des habitants juifs. Des logements sont pillés, des synagogues sont attaquées et des Juifs sont tués ou regroupés de force dans une partie de la ville.
Le nombre exact de morts n’est pas connu. Il serait donc imprudent de présenter un bilan précis.
Toutes les guerres opposant les populations juives à l’Empire romain ne doivent cependant pas être qualifiées d’antisémites.
La guerre de Judée de 66 à 73 et la révolte de Bar Kokhba de 132 à 135 sont d’abord des révoltes contre un pouvoir impérial. Leur répression fut extrêmement meurtrière, mais leur logique première était militaire, politique et territoriale.
Cette distinction est essentielle : toute violence impliquant des Juifs n’est pas nécessairement une violence antijuive.
L’Europe chrétienne, les croisades et les massacres
À partir du Moyen Âge, l’antijudaïsme religieux alimente régulièrement des violences contre les communautés juives d’Europe.
En 1096, pendant la première croisade, des groupes de croisés attaquent les communautés juives de la vallée du Rhin, notamment à Spire, Worms et Mayence.
Le chiffre d’environ 2 000 morts est souvent avancé. Il ne s’agit cependant pas d’un comptage moderne et certaines estimations sont plus élevées. La formulation la plus prudente consiste donc à parler d’environ 2 000 victimes, tout en rappelant l’incertitude des sources médiévales.
Ces massacres n’ont évidemment aucun rapport avec Israël, la Palestine ou le sionisme. Ils sont alimentés par l’antijudaïsme chrétien, le fanatisme religieux, la recherche de butin et la volonté d’imposer la conversion.
En 1190, à York, en Angleterre, environ 150 Juifs meurent après avoir cherché refuge dans la tour du château. Certains de leurs agresseurs avaient également intérêt à faire disparaître les créanciers et les documents attestant leurs dettes.
Les autodafés de livres juifs
La persécution ne visait pas seulement les personnes. Elle cherchait également à détruire la religion, la culture et la mémoire des communautés juives.
En 1240, le Talmud est soumis à un procès religieux à Paris. Des rabbins doivent défendre leurs textes devant un tribunal chrétien.
Vers 1242, environ vingt-quatre charrettes de manuscrits hébraïques sont brûlées publiquement. Il ne s’agit pas d’un bilan humain, mais d’une destruction culturelle considérable à une époque où chaque ouvrage devait être copié à la main.
En 1553, de nouvelles campagnes de confiscation et de destruction du Talmud sont organisées à Rome, Venise et dans d’autres villes italiennes. Des milliers de volumes sont saisis et brûlés, mais leur nombre exact ne peut être établi avec certitude.
Les crimes de sang et les théories du complot
Pendant plusieurs siècles, une fausse accusation se répand en Europe puis dans certaines régions du Moyen-Orient : les Juifs enlèveraient et tueraient des enfants non juifs afin d’utiliser leur sang dans des cérémonies religieuses.
Cette accusation, appelée « crime de sang » ou « meurtre rituel », ne repose sur aucun fait. La consommation de sang est d’ailleurs interdite par la religion juive.
Elle provoque pourtant des arrestations, des tortures, des exécutions et des massacres. Elle est encore utilisée à Damas en 1840, à Kichinev en 1903 et à Shiraz, en Iran, en 1910.
Le fonctionnement de cette rumeur ressemble aux théories du complot modernes : une minorité est accusée de crimes secrets, monstrueux et impossibles à prouver.
La peste noire et les puits prétendument empoisonnés
Lorsque la peste noire ravage l’Europe entre 1348 et 1351, des rumeurs accusent les Juifs d’avoir empoisonné les puits.
Les populations juives meurent pourtant elles aussi de l’épidémie. Mais dans une société incapable d’en comprendre scientifiquement la cause, une minorité facilement identifiable devient un responsable idéal.
En février 1349, à Strasbourg, des centaines de Juifs sont brûlés. Certaines chroniques évoquent jusqu’à environ 2 000 victimes. Ce chiffre reste discuté, car les estimations de la population juive de la ville varient elles-mêmes fortement.
Il est donc plus juste d’écrire que plusieurs centaines de personnes furent certainement tuées et que certaines sources anciennes avancent un bilan proche de 2 000.
Les massacres de 1391 et l’expulsion d’Espagne
En 1391, une vague de violences traverse plusieurs royaumes de la péninsule Ibérique. Des quartiers juifs sont attaqués, des synagogues sont détruites et de nombreux Juifs sont tués ou convertis de force.
Le bilan total est impossible à établir. Les événements touchent de nombreuses villes et les sources ne permettent pas de produire un total fiable. Les historiens parlent néanmoins d’une rupture majeure dans l’histoire des communautés juives espagnoles.
En 1492, les souverains catholiques ordonnent aux Juifs qui refusent le baptême de quitter leurs royaumes. Des dizaines de milliers de personnes sont expulsées, mais les évaluations varient considérablement.
Beaucoup trouvent refuge dans l’Empire ottoman, en Afrique du Nord, en Italie, aux Pays-Bas ou ailleurs en Europe.
L’Afrique du Nord et le monde musulman
L’histoire des Juifs dans les sociétés musulmanes ne peut pas être résumée par une persécution permanente.
Pendant de longues périodes, des communautés juives ont bénéficié d’une certaine protection et ont participé à la vie commerciale, scientifique et culturelle de leurs sociétés. Leur situation fut parfois plus favorable que celle des Juifs vivant dans l’Europe chrétienne.
Mais cette coexistence n’excluait ni un statut juridique inférieur selon les époques, ni les humiliations, ni les conversions forcées, ni les massacres.
En 1066, à Grenade, une foule attaque la communauté juive. Certaines sources médiévales évoquent jusqu’à 4 000 morts. Ce nombre est repris dans de nombreux ouvrages mais reste discuté par les historiens modernes.
En 1465, à Fès, au Maroc, une révolte politique conduit au massacre d’une grande partie de la communauté juive. Le nombre exact des victimes est inconnu.
À la fin du XVe siècle, dans la région du Touat, située dans l’actuelle Algérie, des communautés juives sont persécutées et des synagogues sont détruites sous l’influence du prédicateur Muhammad al-Maghili. Là encore, aucun bilan humain suffisamment fiable ne peut être donné.
En août 1934, à Constantine, dans l’Algérie française, des violences font vingt-cinq morts juifs et trois morts musulmans selon les travaux historiques les plus fréquemment retenus.
En novembre 1945, les violences de Tripolitaine, en Libye, font plus de 140 morts juifs. Des synagogues, des logements et des commerces sont pillés ou détruits.
En juin 1948, les violences d’Oujda et de Jerada, au Maroc, font entre 42 et 47 morts juifs selon les sources, ainsi qu’un Français. Cette différence doit être conservée plutôt que masquée derrière un chiffre artificiellement précis.
Et l’Afrique subsaharienne ?
Les grands massacres antijuifs sont moins nombreux dans les sources consacrées à l’Afrique subsaharienne, notamment parce que les communautés juives y étaient généralement moins nombreuses et réparties différemment.
Des populations comme les Beta Israël d’Éthiopie ont connu des périodes de marginalisation, de perte de terres, de conflits et de persécutions religieuses. Mais il serait historiquement imprudent de qualifier automatiquement d’antisémites toutes les guerres, famines ou violences qu’elles ont subies.
Ne rien oublier ne signifie pas placer artificiellement toutes les souffrances dans la même catégorie. L’objectif doit rester de distinguer les violences spécifiquement dirigées contre des Juifs des conflits ayant d’autres causes.
Les pogroms de l’Empire russe
À partir de la fin du XIXe siècle, de nombreux pogroms frappent les communautés juives de l’Empire russe.
Des quartiers sont pillés, des familles agressées et des personnes assassinées, souvent avec la passivité ou la complaisance des autorités.
Le bilan global des pogroms de 1881 à 1884 reste difficile à établir. Il s’agit d’une succession d’attaques locales et non d’un événement unique disposant d’un bilan centralisé.
En 1903, le pogrom de Kichinev fait quarante-neuf morts juifs et plusieurs centaines de blessés. Il est notamment alimenté par une nouvelle accusation mensongère de meurtre rituel.
Ces persécutions contribuent à l’émigration de nombreux Juifs vers l’Europe occidentale, les Amériques et la Palestine.
Le sionisme n’est donc pas la cause de ces pogroms. Il se développe en partie comme une réponse au constat que l’intégration ne suffit pas toujours à protéger les populations juives.
Les massacres de 1648 et 1649 en Ukraine et en Pologne
Les violences commises pendant le soulèvement de Khmelnytsky constituent l’un des épisodes les plus meurtriers de l’histoire juive avant le XXe siècle.
Les chroniques anciennes ont avancé des bilans de plusieurs dizaines, voire de centaines de milliers de morts. Ces nombres sont aujourd’hui considérés comme exagérés.
Les travaux modernes proposent plutôt une fourchette comprise entre environ 6 000 et 20 000 morts juifs, selon la période prise en compte et selon que l’on inclut les morts directement assassinés, les victimes de la guerre, des maladies et de la famine.
Présenter un chiffre unique serait donc trompeur. La fourchette permet de refléter l’état réel de la recherche.
La Shoah, aboutissement d’un antisémitisme racial
À partir de 1933, le régime nazi exclut progressivement les Juifs de la société allemande. Ils sont chassés des professions, des écoles et de la fonction publique. Leurs droits et leurs biens sont supprimés.
Pendant les pogroms des 9 et 10 novembre 1938, souvent appelés Nuit de cristal, au moins quatre-vingt-onze Juifs sont directement tués. Plus de 1 400 synagogues sont détruites ou endommagées et environ 30 000 hommes juifs sont arrêtés.
D’autres personnes meurent ensuite des mauvais traitements, de leurs blessures ou dans les camps où elles sont enfermées. Le chiffre de quatre-vingt-onze correspond donc aux morts directement recensés pendant les violences, pas à toutes leurs conséquences.
Entre 1933 et 1945, l’Allemagne nazie, ses alliés et ses collaborateurs organisent l’assassinat systématique de six millions de Juifs européens.
La Shoah ne peut évidemment pas être expliquée par la création d’Israël, puisque l’État d’Israël n’existe pas encore.
Le régime nazi reprend cependant des préjugés beaucoup plus anciens. Les Juifs seraient responsables à la fois du capitalisme et du communisme, contrôleraient les banques, la presse et les gouvernements et prépareraient une domination mondiale.
Le faux document intitulé Les Protocoles des Sages de Sion contribue fortement à la diffusion de cette théorie du complot.
Des violences en Palestine avant la création d’Israël
Les violences antijuives en Palestine ne commencent ni en 1948, ni en 1967.
En 1834, pendant une révolte dirigée contre le pouvoir égyptien d’Ibrahim Pacha, le quartier juif de Safed est pillé pendant plusieurs semaines. Des habitants sont agressés, des femmes sont victimes de violences, des synagogues et une imprimerie hébraïque sont détruites.
Le nombre de morts n’est pas connu. Certaines publications militantes avancent plusieurs centaines de morts, mais les travaux historiques les plus prudents ne permettent pas de confirmer ce bilan. Il ne doit donc pas être repris comme un fait établi.
Cet épisode se déroule avant la naissance du sionisme politique moderne. Il s’inscrit cependant dans une révolte plus large et ne peut pas être décrit comme un projet organisé d’extermination des Juifs.
À partir de la fin du XIXe siècle, la situation change. L’immigration juive, les achats de terres, le développement du sionisme et la perspective d’un foyer national juif provoquent une opposition nationale arabe croissante.
Les événements de 1920, 1921 et 1929 possèdent donc plusieurs dimensions.
Ils relèvent en partie de l’opposition au projet sioniste et de la crainte de perdre des terres ou une majorité politique.
Mais ils deviennent également antijuifs lorsque des personnes sont attaquées parce qu’elles sont juives, y compris des membres de communautés établies dans la région bien avant le sionisme moderne.
En avril 1920, les émeutes de Jérusalem font cinq morts juifs et quatre morts arabes. Deux cent onze Juifs et trente-trois Arabes sont blessés selon le bilan repris par le Musée américain de l’Holocauste.
En mai 1921, les violences de Jaffa et de ses environs font quarante-sept morts juifs et quarante-huit morts arabes. La commission britannique Haycraft conclut que l’hostilité arabe est principalement alimentée par l’immigration juive et la politique sioniste. Cela explique le contexte, mais ne justifie pas les attaques contre les civils.
En août 1929, les violences à Hébron, Safed, Jérusalem et dans d’autres localités font cent trente-trois morts juifs et cent seize morts arabes. Une grande partie des Arabes sont tués par les forces britanniques. À Hébron, soixante-sept Juifs sont tués.
Certains habitants arabes cachent cependant leurs voisins juifs et leur sauvent la vie. Ce fait empêche d’attribuer les crimes d’une foule à toute une population.
Le Farhoud de Bagdad
Les 1er et 2 juin 1941, un pogrom appelé Farhoud frappe la population juive de Bagdad.
Le rapport officiel irakien recense cent vingt-huit morts juifs et deux cent dix blessés. Les estimations de la communauté juive évoquent plutôt entre cent cinquante et cent quatre-vingts morts et environ six cents blessés.
Environ 1 500 logements ou commerces sont pillés.
Le contexte associe l’instabilité politique irakienne, la présence britannique, le nationalisme arabe, la propagande nazie et l’hostilité envers le sionisme.
Mais Israël n’existe pas encore. Les victimes sont des civils juifs irakiens rendus collectivement responsables de conflits et de projets politiques qu’ils ne contrôlent pas nécessairement.
Le 7 octobre est-il dû à la colonisation ?
La colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est constitue l’un des principaux éléments du conflit israélo-palestinien.
Dans son avis du 19 juillet 2024, la Cour internationale de Justice a estimé que la présence continue d’Israël dans le territoire palestinien occupé était illégale et que les colonies violaient le droit international.
La colonisation entraîne la fragmentation du territoire palestinien, des déplacements, des restrictions, des tensions et l’absence de perspective politique. Elle nourrit donc réellement la colère, le ressentiment et le discours des organisations armées.
La situation de Gaza demande cependant une distinction.
En 2005, Israël a démantelé les vingt et une colonies présentes dans la bande de Gaza et retiré ses forces permanentes de l’intérieur du territoire. Il n’existait donc plus de colons israéliens vivant à Gaza le 7 octobre 2023.
Cela ne signifie pas que Gaza était devenue pleinement souveraine et libre de tout contrôle extérieur. Israël conservait un contrôle déterminant sur l’espace aérien, l’accès maritime, une partie des frontières, les mouvements de population et de nombreux échanges. L’Égypte contrôlait également le passage de Rafah.
Après la prise de pouvoir du Hamas en 2007, le blocus, les restrictions, les opérations militaires successives, la pauvreté et l’enfermement de la population ont fortement contribué à la radicalisation.
Il est donc faux d’affirmer que l’occupation, la colonisation et le blocus n’ont joué aucun rôle dans le contexte du 7 octobre.
Mais il est également faux de présenter le 7 octobre comme une réaction spontanée et directement provoquée par la présence de colons à Gaza.
L’attaque fut préparée, organisée et conduite par le Hamas avec d’autres groupes armés palestiniens. Environ 1 200 personnes furent tuées, dont plus de 800 civils selon les décomptes officiels et internationaux, et 251 personnes furent emmenées comme otages à Gaza.
La commission d’enquête des Nations unies a conclu que des civils avaient été volontairement attaqués et que les meurtres, les mauvais traitements et les prises d’otages constituaient des crimes de guerre.
L’idéologie du Hamas dépasse la question des colonies
La charte du Hamas publiée en 1988 ne se contente pas de dénoncer l’occupation ou les colonies.
Elle contient des références explicitement dirigées contre les Juifs, reprend un récit religieux annonçant leur mise à mort et cite les Protocoles des Sages de Sion, faux antisémite prétendant révéler un complot juif mondial.
En 2017, le Hamas publie un nouveau document politique. Il affirme que son conflit vise le projet sioniste et non les Juifs en raison de leur religion.
Cette évolution du discours doit être reconnue. Mais le même texte refuse toujours de reconnaître la légitimité de l’État d’Israël, revendique la Palestine entière et maintient la résistance armée comme choix stratégique.
Le 7 octobre résulte donc de plusieurs éléments qui se superposent :
- le conflit national israélo-palestinien ;
- l’occupation et la colonisation de la Cisjordanie ;
- le blocus et les guerres successives à Gaza ;
- le conflit autour de Jérusalem et de la mosquée Al-Aqsa ;
- la question des prisonniers palestiniens ;
- la stratégie politique et militaire du Hamas ;
- le refus de l’existence d’Israël ;
- une histoire idéologique ayant également intégré des représentations antijuives.
La colonisation fait donc partie du contexte et des causes de la radicalisation. Elle ne constitue pas la seule cause de l’attaque et ne permet pas d’expliquer à elle seule le choix de massacrer des civils.
Chronologie 1 : de l’Antiquité au XVIIe siècle
Lecture du tableau : la colonne « qualification » indique la cause dominante. Lorsqu’un événement possède plusieurs dimensions, la mention « mixte » est utilisée.
| Date | Lieu et bilan documenté | Contexte | Qualification |
|---|---|---|---|
| 38 | Alexandrie, Égypte. Plusieurs Juifs tués, mais bilan exact inconnu. Logements et synagogues attaqués. | Rivalités politiques, civiques et religieuses dans l’Empire romain. | Violence antijuive. Aucun rapport avec le sionisme. |
| 66 à 73 | Judée. Pertes humaines très importantes mais bilans antiques invérifiables. Temple de Jérusalem détruit en 70. | Révolte contre le pouvoir romain. | Conflit impérial et politique. Pas principalement une persécution antisémite au sens moderne. |
| 132 à 135 | Judée. Bilan très élevé mais impossible à établir précisément. | Révolte de Bar Kokhba et répression romaine. | Conflit impérial et national. Aucun lien avec le sionisme moderne. |
| 1066 | Grenade. Jusqu’à environ 4 000 Juifs tués selon des sources médiévales. Chiffre discuté. | Crise politique et attaque de la communauté juive. | Violence antijuive dans un contexte politique. |
| 1096 | Vallée du Rhin. Environ 2 000 morts souvent retenus, avec une forte incertitude. | Première croisade, conversions forcées, pillages et massacres. | Antijudaïsme chrétien. Aucun rapport avec le sionisme. |
| 1190 | York, Angleterre. Environ 150 Juifs morts. | Foule hostile, antijudaïsme, pillage et destruction de dettes. | Antijudaïsme et intérêt économique. |
| Vers 1242 | Paris. Environ 24 charrettes de manuscrits du Talmud brûlées. Pas de bilan humain lié directement à l’autodafé. | Procès religieux du Talmud. | Antijudaïsme religieux et destruction culturelle. |
| 1290 | Angleterre. Environ 3 000 Juifs expulsés. Le nombre de morts pendant l’exil n’est pas connu. | Décret royal d’expulsion, confiscations et dettes. | Persécution religieuse, politique et économique. |
| 1349 | Strasbourg. Plusieurs centaines de morts certains. Certaines chroniques évoquent jusqu’à environ 2 000, chiffre discuté. | Accusation d’empoisonnement des puits pendant la peste noire. | Antijudaïsme et théorie du complot. |
| 1391 | Royaumes ibériques. Bilan total inconnu. Nombreuses morts, destructions et conversions forcées dans plusieurs villes. | Prédications hostiles, crise sociale et violences religieuses. | Antijudaïsme chrétien. |
| 1465 | Fès, Maroc. Une grande partie de la communauté juive est massacrée. Bilan exact inconnu. | Révolte contre le pouvoir mérinide et son entourage. | Violence antijuive dans un contexte politique et religieux. |
| Fin du XVe siècle | Touat, actuelle Algérie. Persécutions et synagogues détruites. Bilan humain inconnu. | Campagne religieuse menée notamment par Muhammad al-Maghili. | Antijudaïsme religieux. |
| 1492 | Espagne. Des dizaines de milliers de Juifs expulsés. Estimations très variables. | Obligation de se convertir ou de quitter les royaumes. | Persécution religieuse et politique. |
| 1516 | Venise. Création du ghetto. Pas de massacre associé à cette décision. | Résidence forcée et restrictions professionnelles. | Discrimination juridique, religieuse et économique. |
| 1553 | Rome, Venise et autres villes italiennes. Des milliers de livres juifs brûlés. Total exact inconnu. | Condamnation et confiscation du Talmud. | Antijudaïsme et destruction culturelle. |
| 1648 à 1649 | Ukraine et Pologne. Entre environ 6 000 et 20 000 morts juifs selon les études modernes et le périmètre retenu. | Soulèvement cosaque, guerre, massacres, famine et maladies. | Violences de guerre avec ciblage antijuif majeur. Aucun rapport avec le sionisme. |
Chronologie 2 : du XIXe siècle à la création d’Israël
| Date | Lieu et bilan documenté | Contexte | Qualification |
|---|---|---|---|
| 1834 | Safed, Palestine ottomane. Morts en nombre inconnu, centaines de blessés selon certains récits, quartier juif pillé pendant plusieurs semaines. | Révolte contre le pouvoir égyptien et effondrement local de l’ordre. | Violence antijuive dans un conflit politique. Antérieur au sionisme moderne. |
| 1840 | Damas. Plusieurs Juifs arrêtés et torturés, certains morts en détention. Bilan précis discuté. | Fausse accusation de meurtre rituel. | Antijudaïsme et théorie du complot. |
| 1881 à 1884 | Empire russe. Multiples pogroms. Bilan global incertain. | Crises politiques, rumeurs et accusation collective des Juifs. | Antisémitisme religieux et nationaliste. |
| 1903 | Kichinev, Empire russe. 49 Juifs tués et plusieurs centaines de blessés. | Accusation mensongère de meurtre rituel et propagande antisémite. | Antisémitisme. |
| 1910 | Shiraz, Iran. 12 Juifs tués, environ 50 blessés et près de 6 000 habitants juifs dépouillés de leurs biens. | Accusation de meurtre rituel. | Antijudaïsme et pogrom. Aucun lien avec Israël. |
| 1920 | Jérusalem. 5 Juifs et 4 Arabes tués. 211 Juifs et 33 Arabes blessés selon le bilan retenu. | Mobilisation nationale et religieuse sous mandat britannique. | Mixte : antisionisme naissant et violence antijuive. |
| 1921 | Jaffa et environs. 47 Juifs et 48 Arabes tués. 146 Juifs et 73 Arabes blessés. | Opposition à l’immigration juive et au projet sioniste, puis attaques communautaires. | Mixte : conflit national et violence antijuive. |
| 1929 | Palestine mandataire. 133 Juifs et 116 Arabes tués. 339 Juifs et 232 Arabes blessés. 67 Juifs tués à Hébron. | Tensions autour des lieux saints, rumeurs, nationalisme et opposition au sionisme. | Mixte : antisionisme, conflit national et massacres antijuifs. |
| 1934 | Constantine, Algérie française. 25 Juifs et 3 musulmans tués. | Rumeurs, tensions coloniales et violences communautaires. | Antisémitisme dans un contexte colonial. Aucun lien direct avec Israël. |
| 1938 | Allemagne et Autriche. Au moins 91 Juifs directement tués, environ 30 000 arrêtés et plus de 1 400 synagogues détruites ou endommagées. | Pogrom organisé par le régime nazi. | Antisémitisme racial d’État. |
| 1933 à 1945 | Europe. Environ 6 millions de Juifs assassinés pendant la Shoah. | Politique nazie d’exclusion, de déportation et d’extermination. | Génocide antisémite. Israël n’existe pas encore. |
| Juin 1941 | Bagdad, Irak. Rapport officiel : 128 morts et 210 blessés juifs. Estimation communautaire : 150 à 180 morts et environ 600 blessés. | Effondrement politique, nationalisme, présence britannique et propagande nazie. | Mixte : nationalisme, antisionisme et antisémitisme. |
| Novembre 1945 | Tripolitaine, Libye. Plus de 140 Juifs tués. | Troubles de l’après-guerre, nationalisme et tensions liées à la Palestine. | Violence antijuive avec arrière-plan politique régional. |
| Juillet 1946 | Kielce, Pologne. Au moins 42 Juifs tués et plus de 40 blessés, principalement des survivants de la Shoah. | Nouvelle accusation de crime de sang. | Antisémitisme et théorie du complot. |
| Décembre 1947 | Aden, actuel Yémen. 82 Juifs et 38 Arabes tués, 76 Juifs blessés. | Émeutes après le vote de partage de la Palestine par l’ONU. | Mixte : réaction antisioniste transformée en violence antijuive. |
| Juin 1948 | Oujda et Jerada, Maroc. Entre 42 et 47 Juifs tués selon les sources, ainsi qu’un Français. | Guerre en Palestine et départs de Juifs vers Israël. | Mixte : réaction anti-israélienne et ciblage collectif des Juifs. |
Chronologie 3 : violences antijuives contemporaines dans le monde
| Date | Lieu et bilan documenté | Contexte | Qualification |
|---|---|---|---|
| 1994 | Buenos Aires, Argentine. 85 morts et plus de 300 blessés dans l’attentat contre l’AMIA. | Attaque contre un centre communautaire juif. | Terrorisme antisémite avec arrière-plan moyen-oriental. |
| 2002 | Djerba, Tunisie. 19 victimes, sans compter l’auteur de l’attentat, et une trentaine de blessés. | Camion piégé contre la synagogue de la Ghriba. | Terrorisme jihadiste et antisémite. |
| 2008 | Mumbai, Inde. 166 morts dans l’ensemble des attaques, dont 6 personnes assassinées au centre juif Nariman House. | Attaques coordonnées du Lashkar-e-Taiba contre plusieurs lieux. | Terrorisme jihadiste avec ciblage délibéré d’un lieu juif. Aucun rapport direct avec la colonisation. |
| 2012 | Toulouse et Montauban, France. 7 morts au total, dont 3 enfants et un enseignant tués dans une école juive. | Série d’attaques visant des militaires puis une école juive. | Terrorisme jihadiste et antisémite. |
| 2015 | Paris, France. 4 clients juifs tués dans l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes. | Prise d’otages dans un supermarché casher. | Terrorisme jihadiste et antisémite. |
| 2018 | Pittsburgh, États-Unis. 11 fidèles tués dans la synagogue Tree of Life. | Attaque d’un suprémaciste blanc. | Antisémitisme d’extrême droite. Aucun rapport avec Israël ou la colonisation. |
| 7 octobre 2023 | Sud d’Israël. Environ 1 200 morts, dont plus de 800 civils, et 251 personnes emmenées comme otages. | Attaque planifiée du Hamas et d’autres groupes armés depuis Gaza. | Mixte : guerre contre Israël, islamisme, conflit national et dimension antijuive. Occupation, blocus et colonisation comme contexte partiel, jamais comme justification. |
Ce que démontre cette chronologie
La majorité des grandes persécutions antijuives recensées dans cet article sont antérieures au sionisme, à la création d’Israël et à la colonisation de la Cisjordanie.
Elles ont eu lieu dans l’Empire romain, l’Europe chrétienne, le monde musulman, l’Empire russe, l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient, l’Iran, les Amériques et l’Asie.
Leurs causes ne sont pas toujours identiques.
- Certaines violences sont principalement religieuses.
- D’autres sont économiques, raciales ou nationalistes.
- Certaines apparaissent pendant des guerres, des révoltes ou des crises politiques.
- Certaines associent l’opposition au sionisme à une haine plus générale des Juifs.
- D’autres n’ont aucun rapport avec Israël ou la Palestine.
Il serait donc historiquement faux de parler d’une haine parfaitement identique et inchangée pendant deux mille ans.
Mais il serait tout aussi faux de prétendre que la violence antijuive aurait commencé avec la colonisation israélienne.
L’antisémitisme est-il différent des autres racismes ?
L’antisémitisme appartient bien à la famille des racismes, mais il possède certains mécanismes particuliers. Le racisme visant les personnes noires s’est largement développé autour de l’esclavage, de la colonisation, de la couleur de peau et de l’idée d’une prétendue infériorité. Le racisme anti-arabe s’appuie souvent sur l’origine supposée, l’immigration, la culture, la religion ou l’association avec la violence et le terrorisme.
L’antisémitisme fonctionne parfois différemment. Les Juifs ne sont pas seulement présentés comme inférieurs ou étrangers. Ils sont aussi accusés d’être secrètement puissants, de contrôler l’argent, les médias, les gouvernements ou les événements mondiaux. Ils peuvent ainsi être décrits simultanément comme faibles, dangereux, étrangers et tout-puissants.
Cette différence ne signifie pas qu’un racisme serait plus grave ou plus légitime qu’un autre. Toutes ces formes de haine transforment des individus en représentants supposés d’un groupe, leur attribuent des caractéristiques collectives et les rendent responsables de problèmes qu’ils ne contrôlent pas.
Comparer ces mécanismes peut aider à les comprendre. Les mettre en concurrence ou établir une hiérarchie entre les victimes ne ferait, au contraire, qu’alimenter de nouvelles divisions.
Conclusion
Le massacre du 7 octobre 2023 appartient pleinement à l’histoire du conflit israélo-palestinien.
L’occupation, la colonisation de la Cisjordanie, le blocus de Gaza, les guerres successives et l’absence de solution politique ont contribué à créer un environnement de colère, de désespoir et de radicalisation.
Ces éléments doivent être reconnus si l’on souhaite comprendre le conflit plutôt que simplement le condamner.
Mais le 7 octobre appartient également à une histoire plus ancienne de ciblage des populations juives et à l’idéologie particulière du Hamas.
La colonisation explique donc une partie du contexte politique. Elle n’explique pas entièrement l’attaque, et elle ne justifie jamais le massacre de civils.
De la même manière, l’ancienneté des persécutions antijuives ne permet pas de nier les droits des Palestiniens, de justifier la colonisation de leurs terres ou de minimiser les crimes dont ils sont victimes.
Les crimes commis contre les Palestiniens ne justifient pas les crimes commis contre les Juifs ou les Israéliens. Les crimes commis contre les Juifs ou les Israéliens ne justifient pas les crimes commis contre les Palestiniens.
Comprendre l’histoire exige de tenir ensemble ces deux réalités, même lorsqu’elles dérangent les récits trop simples.
Sources principales
Définitions, antijudaïsme et antisémitisme
Argent, banques et Venise
Antiquité et Moyen Âge
Autodafés et destructions de livres
Palestine avant 1948
Afrique du Nord, Moyen-Orient et après-guerre
Shoah et Nuit de cristal
Attentats contemporains
Colonisation, Gaza, Hamas et 7 octobre
