Des cellules de moules abyssales conservent un rythme de 24 heures en laboratoire
À environ 1 700 mètres de profondeur, la lumière du Soleil ne règle pas les journées. Pourtant, des cellules de la moule Bathymodiolus azoricus, prélevée sur le champ hydrothermal Lucky Strike, dans l’Atlantique, conservent une activité rythmée sur environ 24 heures en laboratoire. Une équipe associant notamment l’université de Vienne et l’Ifremer décrit ce résultat dans EMBO Reports, le 2 novembre 2026.
Les chercheurs ont cultivé des cellules provenant de cinq moules, puis analysé 65 échantillons prélevés toutes les quatre heures pendant 48 heures, dans l’obscurité et à température constante. Ils ont identifié 157 transcrits présentant une oscillation circadienne. Cela appuie l’existence d’une horloge interne cellulaire, sans alternance lumineuse quotidienne.
Cette observation ne signifie pas que les moules suivent exclusivement un cycle de 24 heures dans leur milieu naturel : leurs rythmes y sont surtout associés aux marées, autour de 12,4 heures. Les mécanismes permettant d’articuler ces deux temporalités restent à préciser. L’expérience repose aussi sur un petit nombre d’animaux et seulement deux jours de mesures.
Ces cultures ouvrent une voie pour étudier la biologie des abysses en limitant les nouveaux prélèvements en mer.
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