Hispanie : 243 génomes anciens nuancent l’impact des migrations après Rome

Une recherche annoncée le 21 octobre 2026 par l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste reconstitue une partie de l’histoire démographique de la péninsule Ibérique entre les Ier et VIIIe siècles. L’équipe internationale a étudié 243 génomes anciens provenant de 31 sites archéologiques, en confrontant les données génétiques aux contextes des sépultures.

Les résultats, publiés dans Cell, indiquent que la période romaine s’est accompagnée d’importants apports d’ascendance de Méditerranée orientale et d’Afrique du Nord. Les migrations ultérieures associées notamment aux Suèves, Alains et Wisigoths ont introduit des ascendances d’Europe centrale et septentrionale, mais avec un effet démographique plus limité dans les populations étudiées.

L’enquête révèle aussi une parenté entre deux individus enterrés à Mérida et dans l’actuelle province de Castellón, séparés par environ 725 kilomètres via le réseau routier romain. Par ailleurs, une femme inhumée avec un mobilier associé aux élites suèves présentait une ascendance locale.

Ces observations rappellent que culture matérielle, identité politique et ascendance ne se confondent pas. Elles ne constituent toutefois pas un recensement de toute l’Hispanie : les auteurs demandent davantage d’échantillons, notamment dans le nord de la péninsule et en Afrique du Nord.

Sources :

Institut Max-Planck, communiqué reproduit par Phys.org, 21 octobre 2026

Carrión et collègues, étude dans Cell, référence bibliographique

Université du Pays basque, communiqué institutionnel, 21 octobre 2026