Afrique du Sud : du collagène d’éland détecté dans de l’ocre d’environ 60 000 ans

Des protéines d’éland ont été identifiées dans des sédiments riches en ocre associés à une occupation humaine vieille d’environ 60 000 ans, dans la réserve sud-africaine de De Hoop. L’université de Kyushu a annoncé ces résultats le 21 octobre 2026, à partir d’une étude publiée dans les Proceedings of the Royal Society B.

L’équipe internationale a extrait les protéines conservées dans des échantillons archéologiques, puis analysé leurs fragments par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem. La comparaison des séquences avec des références a permis d’identifier du collagène de type I attribué à l’éland commun, une grande antilope africaine. Ce sont des protéines anciennes, et non de l’ADN.

Deux explications restent envisagées : des matières animales auraient été mélangées à l’ocre, ou des peaux traitées avec ce pigment auraient laissé leurs traces dans les sédiments. La présence de collagène ne permet pas, à elle seule, de trancher entre ces usages.

La découverte documente ainsi des pratiques techniques du Middle Stone Age et montre l’intérêt de la paléoprotéomique pour étudier des matériaux difficiles à caractériser. Elle ne démontre ni un rituel précis ni une continuité de croyances avec les traditions san récentes. L’âge indiqué est celui du contexte archéologique, pas une datation directe de chaque molécule.

Sources :

Université de Kyushu, annonce de recherche, 21 octobre 2026

Haghighi et ses collègues, étude dans Proceedings of the Royal Society B, 2026, DOI 10.1098/rspb.2025.3300

Takumi Tsutaya, communiqué de Kyushu reproduit par Phys.org, 21 octobre 2026