À Abric Romaní, les charbons éclairent l’organisation d’un campement néandertalien

Des fragments de bois brûlé peuvent-ils révéler l’organisation d’un habitat préhistorique ? Une étude publiée le 26 octobre 2026 dans le Journal of Paleolithic Archaeology analyse 640 charbons provenant du niveau Ra d’Abric Romaní, à Capellades, près de Barcelone, en Espagne.

Recueillis à la main entre 2019 et 2022, ces vestiges ont été localisés en trois dimensions, puis examinés au microscope. L’équipe, notamment associée à l’IPHES-CERCA, combine identification des bois, étude des altérations et statistiques spatiales. Les pins montagnards dominent l’assemblage.

Au nord, des concentrations de charbons coïncident avec les foyers. Au sud, d’autres accumulations se trouvent à l’écart. Les chercheurs envisagent un déplacement de résidus de combustion, compatible avec l’entretien des espaces de vie. Mais l’existence d’une zone de déchets n’est pas démontrée : l’eau, la conservation différentielle et plusieurs occupations successives peuvent aussi contribuer à cette répartition.

Le ramassage manuel risque en outre de sous-représenter les plus petits fragments. Les auteurs demandent de croiser ces résultats avec les ossements, les outils et les sédiments. Cette approche apporte donc des indices sur les gestes quotidiens de Néandertal, plutôt qu’une preuve définitive de « ménage » organisé.

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